DEA Structure et Evolution de la Lithosphère






Structure et dynamique interne de la Terre

Résumé du cours 2004-2005(en cours de construction 23/09/04)





Philippe MACHETEL
 


1. La Terre Moyenne


1.1 Historique sommaire


1.1.1 A la recherche de la forme et de la masse de la Terre


L'intérieur de la Terre a longtemps été complètement inaccessible à l'homme dont les croyances en ont longtemps fait le repaire des dieux, des génies et des enfers. Cet historique ne se veut pas exhaustif mais apporter quelques éclaicissement sur des points fondamentaux.

Le premier calcul du rayon de la Terre pourait être due à Euxode, contemporain de Pythéas, en mesurant la différence d'élévation d'une étoile visible le lolng d'un méridien. Il estime la circonférence terrestre à environ 80 000 km. Le rayon terrestre a été obtenu par Eratosthène en 230 avant J.C. qui réexamine les conclusions d'Anaxagore sur la mesure de l'ombre portée par un obélisque à Alexandrie le jour du solstice de printemps alors que l'ombre d'un puit vertical était nulle à Syène (Syrie). En introduisant l'hypothèse de sphéricité de la Terre, il calcul sa circonférence à 40000 km environ (Fig. 1).

 schéma Terre sphérique/rayons soleil
Fig.1. Principe du calcul du rayon terrestre par mesure simultanée des différences de longueur d'ombre. Application numérique : a = 7° 12', d=5000 stades (1 stade est de l'ordre de  165 m à  177 m)


En 1798 Lors Cavendish propose une expérience qui permet de mesurer la masse de la Terre. Avec une balance à torsion, il mesure la très faible interaction entre deux sphères de masses différentes et en déduit la valeur de la constante universelle de la gravatation G. Il est dès lors possible, à partir de la valeur de l'accélération de la gravité de calculer la masse de la Terre.  Il conclue à  densité moyenne de 5,48 kg/m3 très différente de celle des roches de surface et a une nécessaire augmentation de la densité avec la profondeur.

balance a torsion de Lord Cavendish

Fig.2 La balance à torsion de Lord Cavendish

En 1672 Richer, en mission à Cayenne observe,  que la longueur du pendule battant la seconde est plus courte
d'une ligne un quart (2,7 mm) ce qui implique une diminution de la pesanteur et laisse penser que Cayenne est
plus loin du centre de la Terre que Paris.
Cette différence lance un grand débat scientifique sur la forme de la Terre:

    Cassini, Descartes et Fontenelle soutiennent que la Terre est allongée aux pôles
    Maupertuis, Huygens et Newton estiment que la force centrifuge et l'attraction produisent un renflement à l'équateur.

En 1687 Newton a proposé que la Terre ait la forme d'un ellipsoïde d'aplatissement 1/230.

En 1735 débat pour savoir si la Terre est aplatie dans le sens équatorial ou méridien. Deux expéditions sont envoyées l'une en Laponie (sous la direction de Clairault et Maupertuis) et l'autre au Pérou (dirigée par P. Bouguer et Charles La Condamine) qui confirment l'aplatissement de la Terre selon l'axe des pôles.


1.1.2 La Terre au XIXeme siècle

1.1.3 Naissance d'une nouvelle discipline : la sismologie

premier enregistrement d'un seisme

1.2 La Terre Moyenne

sismicité mondiale

1.2.1 Equation de propagation des ondes - ondes P et ondes S

L'équation fondamentale de la dynamique, appliquée au vecteur déplacement u dans le milieu donne :

(eq. 1.2.1-1)                   equation (1)          
 
où rho est la densité, f représente les forces extérieures (qui peuvent servir à modéliser la source) et sigma(ij) le tenseur des contraintes dont il faut calculer la divergence. Il s'agit d'une équation vectorielle dont chaque composante doit être vérifiée (rappel la divergence d'un tenseur est un vecteur). En toute rigueur, il conviendrait d'exprimer les grandeurs en fonction de coordonnées covariantes et contravariantes. Elles sont confondues dans le système des coordonnées cartésiennes dans lequel nous resterons pour la simplification de l'exposé de la démarche.

La loi de Hooke relie le tenseur des contraintes au tenseur des déformations epsilon(ij) par un tenseur du troisième ordre: le tenseur des constantes élastiques C(ijkl) (81 composantes).
 
(eq. 1.2.1-2)                    equation (2)

Il est à noter que selon la notation classique en calcul tensoriel la présence répétée d'un indice signifie qu'il est sommé sur ses trois composantes. L'equation précédente doit donc se lire :

(eq. 1.2.1-3)                    equation (3)

Par le biais des symétries et de l'isotropie dans le milieu traversé par les ondes (cette hypothèse est une bonne approximation mais n'est pas complètement vérifiée dans la nature), il est possible de ramener à deux constantes lambda et mu les propriétés d'un milieu homogène. Ces deux coefficients, appelés coefficients de Lamé avaient déjà été décrits par Navier et Cauchy en 1823. La relation contrainte déformation devient alors, où delta(ij) est le symbole de Kronecker qui vaut 1 si i=j et 0 sinon.

(eq. 1.2.1-4)                    equation (4)

Mu apparait comme une mesure de la résistance du milieu au cisaillement (mu = 0 pour les fluides) et lambda un e grandeur caractéristique de la compressiblité. Les coefficients de Lamé peuvent s'exprimer comme combinaisons des modules élastiques connus (module de Young, coefficient de Poisson).
Par ailleurs, une relation classique de mécanique du solide relie la déformation epsilon(ij) au déplacement u dans le corps

(eq. 1.2.1-5)                   equation (5)

Alors sigma peut s'exprimer comme :

(eq. 1.2.1-6)                   equation (6)

On peut en déduire la valeur de la divergence du tenseur des contraintes selon la composante j par exemple:

(eq. 1.2.1-7)                    equation (7)

Et, réintroduire ce resultat dans l'équation 1qui peut s'écrire, en considérant que la force f est nulle (en se plaçant en dehors de la source):

(eq. 1.2.1-8)                    equation (8)

Nous utiliserons ensuite les formules  d'analyse vectorielle classiques qui établissent que Laplacien vecteur (A) = grad(div (A)) - rot(rot (A)), puis que div(rot(A)) = 0, et enfin que rot(grad(a)) = 0.
Le déplacement u est exprimé comme dérivant d'un potentiel scalaire (phi) et d'un potentiel vecteur psi.

(eq. 1.2.1-9)                     équation (9)

En substituant cette expression dans l'équation 8, celle-ci devient :

(eq. 1.2.1-10)                  équation (10)

Où le symbole deux points signifie une dérivée deuxième par rapport au temps. Compte tenu de l'indépendance des variable phi et psi, cette équation ne peut être vérifiée en permanence que si

(eq. 1.2.1-11)                  équation (11)

et si

(eq. 1.2.1-12)                  équation (12)

où alpha est la vitesse de propagation des ondes de compression (ondes P) et beta la vitesse de propagation des ondes de cisaillement. De ce résultat, il est clair que la vitesse des ondes P sera supérieure à celle des ondes S. La séparation, l'existence et la nature des ondes P et S est imposée par le comportement élastique d'un milieu homogène isotrope.

1.2.2 Nomenclature des ondes - hodochrones


1.2.3 Le modèle PREM


1.2.4 Le modèle minéralogique


1.2.5 Les modèles de composition


1.2.6 La couche D"


1.3 Bilan thermique et énergétique de la Terre Moyenne


1.3.1 Les sources d'énergie disponibles


1.3.2 Température en fonction de la profondeur



2.Convection dans le manteau

3. Evolution thermique du noyau

3.1 Contexte

Le refroidissement du noyau se traduit par des anomalies de densité qui produise de la convection qui est à l'origine du champ magnétique.

La description de ces processus est théoriquement possible au travers des processus thermodynamiques, des principes de conservation de l'énergie, de l'équation de l'entropie du noyau externe.

Les principales sources d'énergies présente dans le noyau sont :
    - La dissipation ohmique liée au courants électriques
    - L'énergie thermique accumulée lors de l'accrétion de la planète
    - La chaleur latente de cristallisation de la graine
    - l'énergie gravitationnelle libérée par la concentration de matériau plus dense

L'équation d'entropie permettra de calculer un taux de croissance de la graine et un taux de refroidissement du noyau  a partir de la dissipation de chaleur

L'équation d'énergie globale permettra de calculer un flux de chaleur qui sort du noyau et un flux nécessaire pour maintenir la disspation

Le problème des études concernant le noyau reste le peu de contraintes dans les observables géophysiques. Ainsi, la disspation ohmique est mal connue, les données paléomagnétiques sont délicates à interpréter en terme de disspation. La partie toroidale du champ magnétique dans le noyau n'est pas connue.

Le paradoxe du noyau :

La cristallisation de la graine entraine une augmentation du taux des éléments légers dans le noyau liquide ce qui provoque une augmentation de l'efficacité convective liée à la composition alors que dans le passé seule la convection thermique agissait (avant le début de cristallisation de la graine). Pour garder la même efficacité convective totale, le flux de chaleur à la CMB devait être beaucoup plus fort ou la dissipation devait être beaucoup plus faible.

L'âge d'apparition de la graine sera donc contrôlé par le flux de chaleur à la CMB mais la nécessité de maintenir une disspation ohmique (liée à l'existence de courant et d'un champ magnétique) va imposer des limites à ce flux de chaleur...

3.2 Les relations thermodynamiques

3.2.1 L'état de référence du noyau

La convection dans le manteau terrestre va influencer le comportement thermique du noyau principalement par les échanges de chaleur au niveau de la CMB. Les constantes de temps d'évolution de la convection dans le manteau sont de l'ordre de plusieurs dizaines de millions d'années  et il sera possible de considérer que la réaction du noyau sera moyennée.

Les pricipales hypothèses sont que le noyau sera soumis à un gradient de pression hydrostatique

(eq. 3.2.1-1)              eq 3.2.1-1

 ou rho est la densité et g l'accélération de la gravité

L'alliage composant le noyau externe sera homogène (ce qui équivaut à un gradient de composition nul)

(eq. 3.2.1-2)              eq 3.2.1-2
 
ou xsi est la fraction massique d'élément léger;

et la température radiale sera alignée sur le gradient adiabatique ( ce qui équivaut à faire l'hypothèse d'une convection très vigoureusedans le noyau externe).

(eq. 3.2.1-3)              eq 3.2.1-3

ou alpha est le coefficient de dilatation thermique et Cp la chaleur spécifique par unité de masse.

Pour définir complétement un état de référence, il faut une équation d’état qui relie la densité aux conditions physiques de pression et de température. Cependant, à la différence de l’équation d’état locale de la convection dans le manteau décrite dans le paragraphe précédent et qui s’intéressait aux variations locales de densité dues aux anomalies locales de température, de pression et de phase, on se s’interessera  ici qu’à la variation moyenne de la densité en fonction de la pression. La variation liée à la variation moyenne de température adiabatique est prise en compte par l’hypothèse de comportement de température adiabatique.

(eq. 3.2.1-4)               eq. 3.2.1-4

Ou rho indice o est la densité de surface (à pression nulle) et K indice o la compressibilité de surface. De plus, la valeur radiale de l'accélération de la gravité g est donnée par:

(eq. 3.2.1-5)               eq 3.2.1-5

L'état de référence défini par ces hypothèses n'a pas d'expression analytique simple. En combinant  l'équation d'état (...1-4) et la condition de gradient de pression (....1-1) il est possible d'éliminer la pression et de calculer la densité rho en fonction de la gravité. pour cela il faut dériver (...1-4) par rapport à la variable position radiale, r et séparer les variable de la nouvelle équation, après avoir remplacer le gradient de pression par son expression (...1-1).

(eq. 3.2.1-6)                  6

(eq. 3.2.1-7)                  7

Soit en intégrant l'équation (...1-7) de chaque coté, depuis le centre de la Terre, que l'on supposera affecté d'une densité rho indice c,  et la position radiale r :

(eq. 3.2.1-8)               8

Après changement de variable, intégration et après avoir pris l'exponentielle des deux membres de l'équation (...1-8), il vient :

(eq. 3.2.1-9)               9

Pour connaitre définitivement le profil de densité, il faut utiliser l'expression de la gravité g que l'on sait dépendre de la densité. Pour sortir de ce problème on va utiliser un développement limité de la gravité sour la forme:

(eq. 3.2.1-10)                  10

où l'on retrouve en terme principal le champ de gravité proportionnel au rayon qui serait le résultat de l'équation (...1-5) si la densité était constante et égale à celle rho indice c du centre de la Terre, et des termes correctifs en puissance de r/a qui sont petits devant 1. En utilisant le terme principal de  développement limité dans (...1-9), il vient :

(eq. 3.2.1-11)                 11

Ce développement limité est précis au troisième ordre. L peut être calculé en fonction des valeurs physiques des paramètres qui le compose:  L=7400 km +/- 150 km. Il suffit maintenant de l'utiliser dans l'eq. (...1-5) pour obtenir le calcul de la gravité g. On trouve alors :

(eq. 3.2.1-12)               12

On connait maintenant des expressions pour l densité et pour la gravité qui permettent d'obtenir un bon accord avec le modèle PREM dans le noyau externe (en ajoutant le delta rho de densité au niveau de l'Inner Core Boundary- ICB).La connaissance de g et de rho permet de calculer immédiatement la gradient de pression par l'équation (...1-1). Les paramètres de densité, de gravité et de pression de l'état de référence nous sont maintenu connus par un développement limité en fonction de la position radiale.

Il reste à calculer l'état de référence pour la température à partir de l'équation (...1-3). A tout moment la température de référence sera calculée par rapport à la température au niveau de l'ICB. puisque c'est là que les expérimentations à haute pression et les études minéralogiques nous permettront de placer une contrainte sur la température à l'intérieur de la Terre. Le rayon de la graine, c, sera variable au cours du temps et sera donc écrit c(t). Sa température de solidification sera appelée Ts(c(t)) elle servira de point de départ pour calculer la température adiabatique selon l'équation (...1-3). Pour cela, il suffit de séparer les variables de l'équation, d'intégrer les deux membres entre la température de départ (Ts(c(t)) et la température recherchée (Tad(r,t) et de prendre l'exponentielle des deux cotés:

(eq. 3.2.1-13)               eq 13

(eq. 3.2.1-14)               eq 14

(eq. 3.2.1-15)               eq 15

En considérant que le rapport alpha/Cp est constant et en utilisant le résultat de l'équation (...1-12) il est possible de calculer l'expression de l'intégral du côté droit de l'équation (...1-15) qui devient:

(eq. 3.2.1-16)                  equation 16

Par ailleurs, les études minéralogique à hautre pression permettent de caler l'expression théorique de la température de fusion donnée par la loi de Lindeman qui a pour expression:

(eq. 3.2.1-17)                  equation 17

où gamma est la paramètre de Gruneissen qui est une grandeur physique caractéristique du matériau.

Voila.... Nous sommes au bout du calcul de l'état de référence dans le noyau. Maintenant, à partir des expressions mentionnées ci-dessus et de quelques valeurs connues comme la densité au centre rho indice c, la densité du fer à pression nulle rho indice o, les paramètres physiques du fer, compressibilité, dilatation, gruneisen etc .... vous pouvez calculer la température, la densité, le champ de gravité et la pression en fonction de la position radiale....

3.2.2 Bilan d'énergie - bilan d'entropie

Le but est de relier la croissance de la graine, qui sera caractérisée par la vitesse de l'accroissement de son rayon, dc/dt, aux observables géophysiques.

Pour cela on va exprimer le bilan de la chaleur qui sort du noyau au travers de la CMB. L'équation de base sera :

(eq. 3.2.2-1)

où Qcmb sera la perte de chaleur du noyau, Qc la chaleur de refroidissement , Ql la chaleur latente de cristallisation de la graine dont le rayon croît, E indice chi l'énergie gravitationnelle due a la concentration de masse plus dense vers le centre lors de la cristallisation et Qr un chauffage radioactif présent dans le noyau.

La croissance de la graine sera d'autant plus forte que la chaleur sera extraite du noyau. On va donc chercher à exprimer ces quantités Qx sous la forme du produit d'une fonction Px par le taux de croissance de la graine dc/dt:

(eq. 3.2.2-2)
 
Pour la chaleur latente Ql, elle est directement proportionnelle à l'augmentation de volume de la graine. On aura donc :

(eq. 3.2.2-3)

où delta S est l'entropie de fusion

Pour le terme de refroidissement. Le refroidissement va correspondre à un abaissement de la température dans tout le volume du noyau mais celle-ci reste adiabatique. Comme le gradient adiabatique est calé sur la température de cristallisation au niveau de l'ICB, il est automatiquement couplé à la croissance de la graine.

(eq.3.2.2-4)

En remplaçant la température adiabatique dans cette expression par sa valeur obtenue (eq 3.2.1-16) et (eq (eq. 3.2.1-17) il vient :

(eq. 3.2.2-5)

avec:

(eq. 3.2.2-6)

L'énergie gravitationnelle est liée