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GAARANTI : avec un A en plus !

C’est l’effervescence pour l’activité de Géosciences Montpellier aux Antilles car après la mission océanographique GARANTI dans l’arrière-arc des Petites Antilles, voici le projet GAARAnti* porté par Philippe Münch et financé par l’ANR (2018-2021). L’objectif de ce projet est de révéler/évaluer les couplages entre la dynamique de la Terre profonde et les processus évolutifs des espèces biologiques grâce à une étude multidisciplinaire innovante et originale dans le domaine des Caraïbes, combinant sciences de la Terre et sciences de la Vie. Ce projet regroupe trois unités de recherche : Géosciences Montpellier, Institut des Sciences de l’Évolution de Montpellier et GéoAzur, chacune déjà fortement impliquée dans l’étude du domaine des Caraïbes.

Il s’agira de tester l’influence de la dynamique des subductions antillaises sur la création/disparition de reliefs émergés c’est-à-dire l’établissement/la destruction de voies de dispersion des faunes de mammifères terrestres depuis l’Amérique du Sud vers les Grandes Antilles (Cuba, Hispaniola, Porto Rico). Une hypothèse très débattue sera en particulier testée : celle l’existence d’un “pont terrestre” appelé GAARlandia (Greater Antilles and Aves Ridges land bridge) qui aurait relié les Grandes Antilles à l’Amérique du Sud à l’Oligocène et qui se situerait à l’emplacement de la Ride d’Aves, un ancien arc volcanique d’âge Crétacé à Paléocène aujourd’hui immergé.

Les travaux antérieurs ayant permis de révéler l’existence d’autres surfaces continentales, aujourd’hui immergées, dans les Petites Antilles, nous testerons également d’éventuelles voies de dispersion par ces îles. S’il est maintenant admis que la plupart des composantes des communautés terrestres antillaises sont originaires de l’Amérique centrale et du Sud, les mécanismes responsables de l’évolution observée et de son calendrier précis sont encore très débattus.

Le projet doit également permettre d’intercalibrer les échelles chronostratigraphiques utilisées dans les domaines des sciences de la Vie et des sciences de la Terre grâce à l’utilisation combinée des méthodes radiochronologique, biostratigraphique et "d’horloge moléculaire". Nous espérons de nouveaux résultats concernant les modalités, le calendrier et la dynamique de la biodiversité dans les Petites Antilles afin de contraindre précisément l’histoire paléo-biogéographique de l’arc antillais au cours du Cénozoïque et de discriminer les contraintes, biotiques et abiotiques, influant sur cette histoire.

Nos travaux devront se dérouler à la fois à terre, dans les îles à la recherche d’ADN, de fossiles et de traces d’immersion/émersion anciennes, et en mer pour explorer les zones aujourd’hui immergées à la recherche d’anciennes îles. En mai-juin 2017, s’est déjà déroulée GARANTI, la mission en mer d’études géophysiques et de dragage (chefs de mission : Jean-Frédéric Lebrun et Serge Lallemand de Géosciences Montpellier) pour étudier la Ride d’Aves et le bassin de Grenade la séparant de l’arc des Petites Antilles. Dans le cadre de l’ANR, Clément Garrocq démarre une thèse au 1er octobre 2017 sur l’exploitation d’une partie de l’immense base de données constituée au cours de la mission. Le projet est donc parti sur les chapeaux de roues !

* (Pont terrestre ’GAARlandia’ vs voies de dispersion à travers les Petites Antilles–Couplage entre dynamique de la subduction et processus d’évolution des espèces dans le domaine des Caraïbes)