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Mesures GNSS au pays de la lavande

Au début de l’été, le Luberon et le Vaucluse ont la chance de voir fleurir les champs de lavande et les voitures de luxe. Une partie conséquente1 de l’équipe Géologie et Géologie de la Zone Critique a choisi cette période pour parcourir la garrigue au pied du plateau du Vaucluse. Leurs pas se sont arrêtés à la fontaine de Vaucluse, la plus grande source karstique d’Europe, qui fait partie des sites étudiés dans le cadre du réseau national de sites hydrogéologiques H+.

En collaboration avec l’université d’Avignon, l’IPGP et le Laboratoire Souterrain à Bas Bruit (LSBB), les membres de Géosciences Montpellier et leurs collègues vont étudier les chemins de l’eau entre la surface et la source grâce à la combinaison d’observations géophysiques des plus classiques comme la gravimétrie, la tomographie électrique ou sismique mais aussi avec des méthodes plus originales comme le télescope à muons, ces particules élémentaires issues du rayonnement cosmique2, ou encore le GNSS (Global Navigation Satellite System). Antenne GNSS au pied du plateau du Vaucluse avec vue sur les champs de lavande et la montagne du Luberon (on devine les ocres de Roussillon au pied du Luberon).© E. Doerflinger

L’objectif de ce projet est de démontrer comment la combinaison d’observations géophysiques peut décrire et quantifier les différents chemins de l’eau. La gravimétrie, en "pesant" le karst (i.e. en mesurant les variations du champ de pesanteur au travers de celui-ci), est actuellement l’unique observation disponible pour estimer le stockage transitoire (saisonnier) de l’eau dans la matrice poreuse des calcaires urgoniens du Vaucluse. Cependant la gravité est intégrante et ne permet pas de localiser les réservoirs. La myopie de cette méthode doit être compensée par les mesures de muons.
L’eau chemine aussi dans des fractures trop petites pour être visibles dans les données de gravité ou de muons, il a donc fallu trouver une autre méthode. L’observation directe des fractures par l’imagerie géophysique est possible mais complexe. La démarche consiste alors à observer la conséquence de la présence d’eau dans les fractures : plus les fractures se remplissent d’eau, plus elles déforment la roche encaissante. Pour cela, deux GNSS, prêtés par le service d’observation RESIF-RENAG ont été installés par les membres de GM afin de mesurer ces déformations lors des pluies automnales. Le premier GNSS a été mis en place en bas de la pente et le second au milieu, dans la garrigue, d’où la présence de porteurs (merci Oswald et Abder !).
Les premières pluies de l’automne sont maintenant attendues avec intérêt !


1 Sandrine Baudin, Cédric Champollion (porteur du projet), Anne-Karin Cooke, Erik Doerflinger, Abderrahmane Haned, Oswald Malcles, Nicolas Le Moigne
2 article du journal du CNRS sur la méthode des muons