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Géosciences aux Antilles

Depuis 2015, le groupe de géologues de l’Université des Antilles (UA) est rattaché à Géosciences Montpellier. Jean-Jacques Cornée, Milton Boucard, Jean-Len Léticée, Mélody Philippon, Jean-Frédéric Lebrun et Fabienne Zami (de gauche à droite sur la photo), travaillent sur des programmes communs concernant la géodynamique de la subduction antillaise, à terre et en mer. Prenons un peu le large pour voir ce qui se passe chez nos collègues d’Outre-Mer.
Historiquement, Auran Randrianasolo, Professeur de géologie et alors doyen de l’UFR, a relancé la recherche en géosciences vers la fin des années 90 grâce à ses collaborations avec l’université d’Aix-Marseille (M. Villeneuve, J-J. Cornée et P. Münch). À partir de 2000, avec le recrutement de Jean-Frédéric Lebrun, de nombreux projets ont vu le jour comme l’étude de la plateforme carbonatée de l’archipel guadeloupéen (projet INSU DYETi) avec la thèse de Jean-Len Léticée, première en géosciences à l’UA, ou les campagnes océanographiques KaShallow pour l’étude du bassin avant-arc de Marie-Galante. Plusieurs recrutements ont permis de renforcer l’équipe et de développer les projets de géologie marine dans l’arc antillais jusqu’aux projets AntiThesis et Garanti. Depuis 2014, avec le recrutement de Mélody Philippon, le groupe a étendu son champ d’action à terre aux îles du nord des Petites Antilles (Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Anguilla), aux grandes Antilles jusqu’à Puerto-Rico et vers le sud en Martinique.
Les liens historiques entre chercheurs de Montpellier et de Pointe-à-Pitre ont amené l’intégration du groupe antillais dans l’équipe Dynamique de la Lithosphère du laboratoire afin de faciliter et développer la recherche et les échanges scientifiques, en particulier dans le cadre du chantier Antilles de l’UMR. L’Université des Antilles est donc devenue, en 2015, une des co-tutelles de Géosciences Montpellier. Cela se traduit par de nouvelles collaborations au sein de GM. Des chercheurs montpelliérains ont pu bénéficier du soutien logistique du laboratoire à Pointe-à-Pitre pour leurs travaux en cours aux Antilles, des étudiants antillais sont accueillis à Montpellier dans le cadre du master mention géosciences de l’UM, en retour des étudiants montpelliérains réalisent leur stage de master à Pointe-à-Pitre. Des échanges d’enseignants-chercheurs ou de chercheurs sont désormais possible comme pour Jean-Jacques Cornée (DR CNRS), accueilli à l’UA depuis le 1er janvier 2018.

Quelle recherche est faite à Pointe-à-Pitre ?
A l’origine, la réflexion sur l’organisation de l’équipe était de constituer un groupe cohérent autour d’une thématique fortement impliquée régionalement. Le chantier ne pouvait être que la subduction antillaise. L’idée de s’orienter vers l’étude des déformations de la plaque supérieure à travers les relations Terre-Mer au cours du Cénozoïque découlait des collaborations engagées entre A. Randrianasolo avec les collègues marseillais et de l’expertise en géosciences marines apportée par J.F. Lebrun. La configuration régionale d’un arc insulaire imposait également cette nécessité Terre-Mer. Ainsi, à travers l’étude des bassins et des plateformes carbonatées, le groupe a développé une approche quantitative des mouvements verticaux affectant l’avant-arc.

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Au cours du quinquennal au sein de GM, les recherches se sont focalisées autour de deux projets déjà initiés : GEOTREF sur l’étude du potentiel géothermique en Guadeloupe et AntiTheSis sur l’avant-arc externe le long des Antilles du nord. Puis sont venus les programmes GARANTI et GAARANTI qui ont favorisé une plus grande implication des collègues montpelliérains sur le chantier Antilles. Ces projets ont également permis des encadrements de thèses, celle de Lucie Legendre (GEOTREF) sur la caractérisation de l’évolution du champ de contrainte régional au cours du Cénozoïque à travers une étude tectonique Terre-Mer le long de l’arc (cf. photo ci-contre), celle de Fabienne Zami sur la caractérisation géochimique du volcanisme de l’arc ancien (ANR GAARANTI) ou celle de Milton Boucard sur la segmentation de l’avant-arc externe et son influence sur la géodynamique de la subduction (AntiTheSis). Il s’agit d’une forte progression, car avant l’intégration du groupe de chercheurs des Antilles, seulement trois thèses en géosciences avaient été soutenues à l’UA dont celle de Lyvane De Min, en 2014, co-encadrée entre Montpellier et Pointe-à-Pitre sur la sismo-stratigrapie multi-échelles d’un bassin avant-arc (bassin de Marie-Galante, Petites Antilles).

Le groupe Antilles a fait face aux départs de trois collaborateurs (départ en retraite de A. Randrianasolo, A. Heuret parti en Guyane et B. Marcaillou à Nice). Un seul poste a été redistribué en géosciences, celui de Jean-Len Léticée recruté en 2017 en tant que maître de conférence. Il est probable qu’un recrutement intervienne durant le prochain quinquennal. Par ailleurs, les collaborations à l’international se développent via le recrutement de professeurs invités, comme en 2019 avec trois chercheurs qui ont séjourné au laboratoire durant un à deux mois. L’an prochain, Claudio Facenna (Austin-Roma Tre), Douwe van Hinsbergen (Utrecht) et Franck Audemard (FUNIVIS, Caracas) postuleront dans ce cadre pour développer les travaux de recherche communs avec GM sur la géodynamique des Petites et Grandes Antilles.
L’implantation en Guadeloupe de Géosciences Montpellier est un atout pour le développement de nouveaux projets au laboratoire. Cette année, par exemple, ce fut l’accueil d’une étudiante en stage de master avec Frédéric Bouchette (GM) venue faire des relevés océanographiques dans la baie de Pointe-à-Pitre.

Bienvenue en Guadeloupe, la géologie et les problématiques scientifiques y sont superbes et variées !


Le bulletin du laboratoire Géosciences Montpellier n°18 - mai/août 2019