Nos tutelles

CNRS

Rechercher




géosciences montpellier
université
de montpellier
campus triolet
cc060
place eugène bataillon
34095 montpellier cedex05
france

+33(0)4 67 14 36 02
Nom tutelle large
Nom tutelle large
OREME

Accueil > Actualités

La théorie astronomique du climat explique ses variabilités parfois abruptes

Les changements climatiques abrupts sont définis comme des variations soudaines qui se sont produites en quelques dizaines ou centaines d’années ou qui se sont répétées à des échelles de temps millénaires. Ils sont considérés a priori comme des processus internes au système climatique. En revanche, les changements climatiques forcés par l’astronomie impliquent des processus externes au système climatique avec des variations quasi-périodiques pluri-millénaires bien connues de la théorie astronomique du climat (i.e. cycles de Milankovitch)
Ci-dessus : Icebergs pris dans la banquise vue depuis Qaanaaq, Groenland (77° 28′ 59″ nord, 69° 19′ 59″ ouest) (photo © D.D. Rousseau)

Des scientifiques ont réexaminé plusieurs enregistrements marins et glaciaires à haute résolution datant des 3,2 derniers millénaires, avec une nouvelle approche statistique. Ils proposent un mécanisme qui explique les changements climatiques abrupts pour les derniers 900 000 ans. Ce processus est caractérisé par la présence de cycles appelés "cycles de Bond". Ils regroupent des successions de réchauffements abrupts, appelés interstadiaires (GI), et de stades glaciaires (GS), chacun de ces stades se terminant par des vêlages importants (production d’icebergs lorsque des masses de glace se détachent du front d’un glacier), dans l’océan Atlantique Nord, d’icebergs issus des calottes présentes dans l’Hémisphère nord. Le dernier épisode de débâcle massive d’icebergs (événement de Heinrich HE) conclut ce cycle de Bond qui se trouve ainsi marqué par une tendance vers un refroidissement accru.
Ces cycles particuliers n’ont toutefois pu se produire que lorsque les calottes glaciaires de l’hémisphère nord avaient atteint leurs tailles maximales, devenant ainsi des acteurs majeurs de la dynamique climatique. Puisque la croissance et le déclin des calottes glaciaires au cours de la période quaternaire (derniers 2.6 Ma) sont rythmés par les variations des paramètres orbitaux de la Terre, les paléoclimatologues considèrent que les changements climatiques abrupts de types cycles de Bond, observés au cours des derniers 900 000 ans restent indirectement liés à la théorie astronomique du climat.

Schéma : refroidissement progressif du climat associant des réchauffements abrupts (GI) suivis de retours vers des conditions glaciaires (GS) ayant enregistrés des décharges importantes d’icebergs (IRD et H event) dans l’océan Atlantique Nord.


En savoir plus : https://doi.org/10.5194/cp-18-249-2022




Le bulletin du laboratoire Géosciences Montpellier n°26 - novembre 2021/avril 2022