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Repentir en Guyane

De l’or en forêt équatoriale

Avec la Nouvelle-Calédonie, la Guyane est l’un des dernier territoire français où sont exploitées des substances métalliques. Si le nickel domine en Nouvelle-Calédonie, l’exploitation de l’or est majoritaire sur l’ensemble du territoire guyanais pourtant couvert à 97% par une épaisse et impénétrable forêt équatoriale. En raison de cette particularité et l’importante altération des sols, l’exploitation de l’or en Guyane est très largement dominée par les activités d’orpaillage, c’est-à-dire la recherche et l’exploitation artisanale (et très fréquemment clandestine) de l’or dans les rivières aurifères. Dans ce contexte, la compagnie Union Minière de Saül exploite un gîte filonien aurifère en tranche altérée dans la mine à ciel ouvert de Repentir au cœur de la forêt guyanaise sur la Haute Mana (Ci-contre : carrière principale du filon F2 Repentir). De plus, la compagnie opère dans des conditions particulièrement difficiles en raison de la situation géographique de la mine qui se situe loin de tout centre urbain et à plus de 170 km du littoral. En effet, la logistique du camp minier repose sur des livraisons héliportées que ce soit pour le personnel, les denrées alimentaires, le matériel, le carburant ou toute autre substance utile. Seuls les engins miniers comme les camions ou les pelleteuses sont acheminés par voie terrestre. Les convois pouvant mettre jusqu’à 40 jours pour arriver de Cayenne par des pistes quasiment impraticables.

Cette mine d’or à ciel ouvert est la seule exploitation d’or primaire en Guyane (c’est à dire non re-déposé et re-sédimenté dans le lit d’une rivière) et le développement des travaux en profondeur permet aujourd’hui d’atteindre des affleurements de minerai frais. La possibilité d’accéder à ces faciès de minerai non altérés est une opportunité unique pour réaliser des études scientifiques poussées et originales. Cette ambition est à l’origine de la collaboration entre Gauthier Horth de la société Union Minière de Saül, de Pierre Rostan du bureau d’expertise Mine & Avenir et d’Alain Chauvet et d’Arnauld Heuret de Géosciences Montpellier (respectivement basés à l’Université de Montpellier et à l’Université de Guyane). Ce projet à permis à Jeremy Jarrot d’effectuer dans le cadre de son stage de Master 2 Géologie de l’Exploration et des Réservoirs (UM), une mission de terrain sur le site de la mine en février-mars 2022.

Plusieurs filons (Nicole, Félix, Dagobert, Repentir, …) dont les orientations varient entre N130°E et NS se situent dans le district minier de Saül. Ils sont localisés dans un corridor tectonique mal défini (peu d’affleurements) lui-même orienté N130°E. Dans le secteur de Repentir, une douzaine de filons préférentiellement orientés NS sont situés dans la partie sud du corridor tectonique. Parmi eux le filon F2 est formé d’une veine de quartz, visible tout le long de la fosse (Photo ci-dessous © G. Horth), d’une épaisseur métrique à pluri-métrique sur plusieurs centaines de mètres (en carte) et sur au moins 200 m de profondeur (en forage). Lors de notre mission du mois de février, nous n’avons malheureusement pas pu observer directement les parties les plus profondes qui étaient noyées après de fortes pluies saisonnières, mais nous avons mesuré, observé et échantillonné plusieurs filons dont le F2, avec comme objectifs :
- La compréhension de la géométrie interne des filons minéralisés en lien avec leur orientation et leur épaisseur avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les programmes d’exploration ;
- La caractérisation minéralogique fine et détaillée des paragenèses minéralisées afin d’identifier la taille des grains d’or (Ci-contre : minerai frais sur lesquel on distingue de l’or dans les sulfures [haut © P. Rostan] ou au sein du quartz [bas ©A. Heuret]), leur distribution et leur lien avec les sulfures présents.
Ce dernier point est fondamental pour l’exploitant qui souhaite (1) connaître la composition des sulfures en présence afin d’en déduire des implications sur le drainage minier acide, c’est à dire le pourcentage et la nature des sulfures susceptibles de créer des problèmes de pollution en sortie d’usine ; et (2) comprendre le lien génétique entre l’or et les sulfures dont dépendent les processus métallurgiques à mettre en œuvre pour l’extraction de l’or et ainsi améliorer le rendement de l’usine en place (Ci-dessous : usine de traitement du minerai à Repentir © A. Heuret).

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