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GEOTREF

ou l’exploration géothermique en Guadeloupe

GEOTREF

L’équipe Dynamique de la lithosphère est pleinement engagée dans le projet GEOTREF (développement de la GEOThermie haute énergie dans les REservoirs Fracturés)-financement ADEME-, qui a pour but d’explorer le potentiel géothermique guadeloupéen dans la partie centrale de l’arc volcanique des Petites Antilles. En effet, notre équipe travaille sur deux méthodes d’exploration différentes mais complémentaires : la géophysique marine et la géologie structurale de terrain.

L’aspect géologie structurale de terrain

Le but de GEOTREF est de comprendre les circulations de fluides actuelles qui sont la conséquence de l’activité du volcan de la Soufrière. Pour cela, il faut comprendre comment les fluides sont transportés dans les parties profondes de l’appareil volcanique et quelles sont les structures qui les drainent. Au nord de la Guadeloupe, les îles volcaniques du banc d’Anguille sont des fenêtres ouvertes sur les parties profondes de ces systèmes volcaniques. En effet, l’île de Saint Martin est constituée d’un pluton Oligocène qui s’est mis en place dans des séries volcano-sédimentaires Eocène, et celle de Saint Barthélémy est composée de séries volcano-sédimentaires du même âge mais plus proximales quant au centre éruptif Eocène, affectées de diatrèmes (cheminées volcaniques béchiques synonymes de phréato-magmatisme). Nous travaillons donc sur ces deux îles afin de mieux appréhender la cinématique des failles et l’évolution spatio-temporelle de la déformation en réalisant une cartographie structurale détaillée de terrain.

L’aspect géophysique marine

Pour la réalisation de la campagne océanographique GEOTREF qui a eu lieu en février 2015, l’équipe Dynamique de la lithosphère a affrété l’Antéa (un navire océanographique de la flotte Genavir/Institut de Recherche et Développement) qui a sillonné le plateau insulaire du pourtour de la Guadeloupe : de la côte sous le vent de Basse-Terre, le Grand Cul de Sac Marin et le plateau des Saintes. A son bord, une équipe scientifique de 12 personnes dont 8 membres de GM ont acquis des données de bathymétrie haute résolution (premier LEG, 15 jours), qui, associées à de la sismique petit fond (mono et multi-trace) (deuxième LEG, 13 jours), permettront d’imager en trois dimensions les structures sédimentaires et tectoniques qui affleurent. En complément, la datation des échantillons de sédiments et de roches volcaniques réalisée par dragage des fonds marins permettra de caractériser l’évolution temporelle de ces champs de failles. Les faciès géologiques, couplés aux faciès sismiques, apporteront également des contraintes sur les paléo-environnements (troisième LEG, 5 jours). À terme, cette cartographie 3D permettra d’identifier l’extension latérale des structures tectoniques dans lesquelles circulent les fluides hydrothermaux, liée à l’activité volcanique, et de préciser l’estimation du potentiel géothermique guadeloupéen.

Pour mener à bien ce projet fascinant, nous avons recruté Maud Fabre, ingénieure en charge du traitement des données géophysiques et Lucie Legendre, doctorante chargée de l’acquisition de mesures structurales à terre et de l’interprétation des données sismiques et bathymétrique et ce, dans le but d’établir un lien terre-mer et d’avoir une vision intégrée des systèmes géologiques affectant la partie nord de l’Arc des Petites Antilles.

Pour conclure, les travaux de géologie et géophysique réalisés par l’équipe Dynamique de la lithosphère dans le cadre du projet GEOTREF apporteront des informations cruciales quant aux structures géologiques contrôlant le transport des fluides hydrothermaux. Ce qui consiste en un pré-requis exploratoire essentiel pour développer plus avant la filière géothermie en Guadeloupe. Rendez vous dans deux ans pour la fin de la thèse de Lucie.