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ELEAGNUS : un projet de science citoyenne mené à Géosciences Montpellier

L’Eleagnus x ebbengei est un arbuste hybride obtenu par croisement entre Eleagnus macrophylla et Eleagnus pungens. En automne, ses petites fleurs verdâtres émettent un parfum floral suave, à mi-chemin entre celui du jasmin et de la fleur d’oranger. Parce que cet arbuste possède une grande capacité d’adaptation aux sites ingrats, il a été largement planté dans le sud de la France pour restituer l’ambiance naturelle autour des secteurs nouvellement urbanisés. Mais vous devez vous demander pourquoi nous vous parlons d’un végétal dans l’infolettre du laboratoire Géosciences ?…. Tout simplement parce que "ELEAGNUS" est l’acronyme d’un projet de recherche sur la pollution urbaine mené au laboratoire par le groupe de magnétisme des roches de l’équipe Risques.

Il s’agit d’un projet de recherche participative www.sciences-participatives.com dans lequel des associations montpelliéraines plaidant pour la construction de la ligne 5 du tramway nous ont demandé d’évaluer la contribution relative des véhicules et des tramways à la pollution de l’air aux particules fines. La recherche scientifique menée en partenariat avec la société civile est un outil concret pour relever les défis sociétaux tels que celui des effets néfastes sur la santé des particules fines.

Il n’y a pas d’industrie dans la ville et autour de Montpellier. Cependant, avec environ 450000 habitants, la pollution atmosphérique due au trafic peut être importante. Dans ce partenariat, les volontaires civils contribuent à la collecte de données en échantillonnant des feuilles des arbres et arbustes plantés en bordure des voies de circulation (cf : photo ci-contre : P. Nicol, responsable de l’organisation de la collecte des échantillons, expliquant à une bénévole le protocole d’échantillonnage), ces feuilles jouant le rôle de capteurs passifs de la pollution. Ce type d’échantillonnage est particulièrement intéressant car il permet potentiellement une analyse à plus haute résolution spatiale que celle fournie par les mesures absolues réalisées sur un nombre très réduit de sites, seulement quatre pour la métropole de Montpellier, par les agences de surveillance de la qualité de l’air comme air-lr.

Notre approche est basée sur l’analyse des propriétés magnétiques de la matière particulaire déposée sur les feuilles. Rapides et peu coûteuses, ces mesures permettent un grand nombre d’analyses, plusieurs centaines en quelques jours, selon le paramètre magnétique mesuré. La bio-surveillance de la qualité de l’air en utilisant la végétation urbaine est une pratique courante dans les études environnementales. Parmi toutes les techniques utilisées, l’approche magnétique est rarement employée. Pourtant, depuis le travail pionnier de Matzka et Maher en 1999, un certain nombre d’études ont montré que la bio-surveillance magnétique est une technique robuste pour quantifier et peut-être identifier les résidus de combustion et/ou les particules issues de l’abrasion.

Basé sur un réseau, aujourd’hui d’une quarantaine de bénévoles, nous avons identifié une centaine d’arbres et d’arbustes à feuillage persistant. Cinq espèces sont ciblées : Quercus ilex, Nerium oleander, Elaeagnus x ebbingei, Viburnum tinus, Hedera helix. L’échantillonnage, commencé ce mois-ci, se poursuivra jusqu’au mois de juin. Une bio-surveillance magnétique à haute résolution temporelle sera réalisée au cours du printemps sur les espèces d’arbres à feuillage caduc (Tilia tementosa, Platanus hybrida, Cercis siliquastrum) dans le cadre du stage de recherche de master1 de Solène Merel. Au-delà de la question principale qui est d’évaluer la contribution relative à la pollution de l’air des véhicules et des tramways, plusieurs questions méthodologiques seront abordées, comme par exemple : (i) existe-t-il des vitesses différentes de dépôt des particules fines en fonction des différentes espèces étudiées ? ou encore (ii) dans quelle mesure les espèces d’arbres étudiées dans différents environnements urbains peuvent améliorer sensiblement la qualité de l’air ?

Notez que les résultats seront présentés au cours d’une réunion publique, avec la présence de tous les participants, le 5 juillet (salle 23.01, université de Montpellier, campus Triolet).

Contacts : Pierre Camps et Patrick Nicol