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Au cœur du cratère d’impact de Chicxulub

En avril et mai, Géosciences Montpellier participera à l’expédition IODP 364 de forage du cratère d’impact "Chicxulub" au large du Yucatan au Mexique.
A la fin du mois de mars, un navire spécialement équipé partira du port de Progresso au Yucatan pour réaliser un forage télescopique de 1500 mètres de profondeur à 30 km au large de la côte mexicaine et par une profondeur d’eau de 17 mètres. Cette mission est réalisée dans le cadre des programmes internationaux de forages scientifiques océaniques IODP (International Ocean Discovery Program) et continentaux ICDP (International Continental Drilling Program) et fait suite à un forage réalisé sur la côte sur la même thématique en 2001-2002. Elle a pour objectif l’étude du cratère d’impact "Chicxulub" d’un astéroïde ayant percuté la terre il y a environ 66 millions d’années. Cet impact serait à l’origine de l’extinction des dinosaures ainsi que de la plupart des formes de vie sur Terre. Les chercheurs impliqués dans ce projet espèrent ainsi récupérer des carottes permettant de comprendre, d’une part, comment la vie s’est réinstallée suite à cet impact dévastateur et, d’autre part, d’étudier si le cratère peut avoir abrité une vie microbienne nouvelle. En forant la ride circulaire centrale - le "peak ring" - de ce cratère de 180 km de diamètre, les chercheurs espèrent également comprendre comment se forment ces "peak ring" observés uniquement au sein des plus gros cratères d’impact.
"Chicxulub est actuellement le seul cratère d’impact sur Terre ayant une structure de type "peak ring" préservée dans son intégralité, les autres ayant été érodés ou se trouvant sur d’autres planètes", précise Sean Gulick (University of Texas), co-chef avec Joanna Morgan (Imperial College) de ce projet.

Le forage débutera le 1er avril 2016 avec pour objectif de forer en destructif les séries carbonatées "post-impact" sur les 500 premiers mètres de sédiments. Ensuite, les séries sous-jacentes seront échantillonnées par carottage jusqu’à une profondeur maximale de 1 500 mètres. Les séries carottées comprendront ainsi de haut en bas les dépôts post-impact faisant immédiatement suite à la formation du cratère, les niveaux associés à l’impact stricto sensu et les séries sous-jacentes fracturées lors de l’impact.

Parmi l’équipe internationale de scientifiques embarqués, Johanna Lofi, de l’équipe TMP, passera deux mois en mer en tant que "Petrophysics Staff Scientist". Elle est en charge de l’acquisition des données de géophysique et d’imagerie en forage ainsi que des mesures pétrophysiques sur carottes. Les mesures en forage de type "logging" permettent d’acquérir in-situ des paramètres du sous-sol et de comparer certains d’entre eux aux même paramètres mesurés sur les carottes. Elles sont particulièrement importantes puisqu’elles renseignent sur la géologie et la structure du sous-sol même en l’absence de carottes ou lorsque le taux de récupération est faible.

Les chercheurs vont utiliser une plateforme de forage pétrolière auto-élévatrice pour forer le puits de 1500 m de profondeur (cf : photo ci-contre d’une plateforme similaire utilisée lors d’une précédente mission IODP). Pour la fin de mission, un programme de "logging" d’une durée de cinq jours a été mis en place afin de permettre l’acquisition de données géophysiques dans des puits de petits diamètres. L’acquisition de ces données de puits nécessite en effet l’utilisation d’outils de petit diamètre (outils de type "slime line") qui appartiennent, pour la plupart au Consortium de Pétrophysique Européen EPC (regroupant les universités de Leicester, Montpellier et Aachen) et, pour le reste, au laboratoire de Géosciences Montpellier. Trois ingénieurs de l’équipe TMP assureront l’acquisition des ces données : Gilles Henry, Laurent Brun (qui passera également deux mois en mer) et Jéhanne Paris.

Les outils de mesures géophysiques en forage au centre expérimental de Lavalette, juste avant expédition pour la mission au Mexique



Plus d’info : http://www.eso.ecord.org/expeditions/364/364.php
Articles de presse :
- dans la revue Science
- dans le Dailymail