Nos tutelles

CNRS

Rechercher




géosciences montpellier
université
de montpellier
campus triolet
cc060
place eugène bataillon
34095 montpellier cedex05
france

+33(0)4 67 14 37 28

Accueil > Actualités

Les ophiolites d’Oman forées à cœur

La croûte océanique représente les deux tiers de la surface de la planète Terre et est recyclée dans le manteau via la subduction aux frontières de plaques convergentes. Au cours de chaque phase de ce cycle d’environ 200 millions d’années, la croûte océanique joue un rôle clef dans les cycles géochimiques globaux, y compris celui du carbone. Les difficultés d’accès au plancher océanique en font un objet difficile à étudier d’un point de vue logistique. Cependant, les ophiolites, fragments d’ancienne lithosphère océanique (croûte et manteau supérieur lithosphérique) mis en place tectoniquement sur les marges continentales, permettent l’accès à des sections complètes de cette lithosphère. L’ophiolite de Samail, au sultanat d’Oman et dans les Émirats Arabes Unis est la plus grande et la mieux exposée au monde.

Le projet "Oman Drilling Project" est un programme de forage visant à échantillonner l’ensemble de la séquence ophiolitique, depuis la croûte supérieure jusqu’au manteau, via une série de puits dont une partie est carottée. Les données qui seront acquises incluront l’analyse des carottes, les mesures géophysiques en puits, l’échantillonnage et l’analyse de fluides, des mesures hydrologiques et de l’échantillonnage microbiologique. Un grand nombre de chercheurs couvrant un très large spectre d’expertises scientifiques utilisera ensuite ces données pour traiter diverses questions liées à la formation, l’altération hydrothermale et l’altération superficielle d’origine biotique ou abiotique.

L’objectif général du forage scientifique dans l’ophiolite de Samail consiste à comprendre l’ensemble des processus qui créent et modifient la croûte océanique et le manteau superficiel, impliquant des transferts de masse et d’énergie entre le manteau, la croûte, l’hydrosphère, l’atmosphère et la biosphère, opérant dans une large de gamme de températures ( 1350 à 20°C), à des profondeurs comprises entre la surface et 10-20 km sous le paléo-plancher océanique, et dans des contextes tectoniques variés (de la dorsale océanique aux zones de subduction).

"Oman Drilling Project" s’intéresse à des questions débattues depuis longtemps, concernant la formation de la lithosphère océanique aux dorsales, l’altération hydrothermale et les transferts de masse associés entre la croûte et l’océan, et le recyclage des éléments volatils dans les zones de subduction. De plus, l’équipe scientifique sera engagée dans l’exploration novatrice des processus d’altération en subsurface impliqués dans le piégeage naturel de CO2 depuis les eaux de surface et l’atmosphère, ainsi que de la nature de la biosphère de subsurface dans les zones ou ces processus sont actifs.

Les opérations de forage ont démarré le 25 décembre 2016 dans le Wadi Jidya. Trois puits de 400 mètres ont déjà été forés et carottés avec 100% de récupération dans les gabbros de la croûte inférieure et dans la transition entre gabbros et complexe filonien. Un quatrième est en cours dans le manteau hydraté et carbonaté à la base de l’ophiolite, et au travers de la semelle métamorphique. Des forages sans carottage sont par ailleurs en cours dans la section mantellique serpentinisée, première étape d’une série de puits qui seront par la suite utilisés comme site d’expérimentation.

Les membres de Géosciences Montpellier qui ont ou vont participer au projet d’une manière ou d’une autre sont Marguerite Godard, Julie Noël, Delphine Roubinet, Laurent Brun, Bernard Célérier, Philippe Gouze, Gilles Henry, Benoit Ildefonse, Gérard Lods, Philippe Pezard, Émilien Oliot et Richard Leprovost.

photo ci-contre : forage destructif à Batin, région sur laquelle travaille Julie Noël pour sa thèse. Elle en a fait la cartographie détaillée avec l’aide d’Émilien Oliot. Ce puits est un des deux puits tests qui permettront de choisir le site pour l’étude "Serpentinisation active" dans laquelle plusieurs équipes GM sont fortement impliquées.
© Marguerite Godard (2017)

Pour en savoir plus sur le projet Oman DP :
Oman DP page | ICDP page | Facebook | Twitter