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Géopirates des Caraïbes

Les Caraïbes antillaises vont bientôt faire l’objet d’une exploration en profondeur pendant 48 jours, du 6 mai au 25 juin, lors de la campagne océanographique GARAnti à bord de L’Atalante. Neuf membres du laboratoire embarqueront sur tout ou partie des deux legs de sismique et du leg d’échantillonnage. Cette campagne sera le premier volet d’un projet trans-disciplinaire plus ambitieux nommé GAARAnti qui sera redéposé à l’ANR très prochainement.

L’objectif de ces deux projets est de contraindre les scénarios de passage de certaines faunes d’Amérique du Sud vers les Grandes Antilles au Cénozoïque, en s’appuyant sur des reconstructions réalistes de terres émergées à différentes époques. L’évolution de cette région est étroitement associée à la dynamique de la subduction de la lithosphère atlantique sous la bordure nord et est de l’arc des Antilles, en particulier sur la période de temps Paléogène correspondant à la collision du banc des Bahamas avec la marge antillaise et le saut de limite de plaque d’une subduction au large de Cuba au système décrochant des Grandes Antilles. S’agissant du volet marin qui fait l’objet de la campagne GARAnti, l’équipe devrait être en mesure de préciser les étapes de fonctionnement et de subsidence de l’arc volcanique d’Aves actuellement immergé, qui traverse la mer des Caraïbes des îles Sous le Vent au nord du Vénézuela jusqu’au îles Vierges, et du bassin de Grenade qui sépare la ride d’Aves de l’arc des Petites Antilles. L’évolution tectonique de ce secteur est mal connue et fait encore l’objet de nombreuses controverses. L’imagerie géophysique nécessitera le déploiement d’une quarantaine de stations sismiques fond de mer le long de trois grands profils de sismique réfraction, d’environ 4300 km de sismique réflexion enregistrée avec une flûte sismique de 720 traces et de 4,5 km de long tractée derrière le navire et d’une source composée de 18 canons à air totalisant un volume maximum de 6500 inch3 qui permettra d’imager les structures crustales jusqu’au Moho.

Les données seront traitées à bord en temps réel afin de pouvoir identifier les sites de dragage de roches qui nous permettront de caractériser la lithologie des formations sédimentaires reconnues en sismique, d’échantillonner le paléo- arc d’Aves et peut-être le socle de la ride. Les collègues des laboratoires de GeoAzur à Nice et de l’IFREMER et du LDO à Brest constitueront le reste de l’équipe embarquante en plus de spécialistes de micro-paléontologie.