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Au cœur de l’interdisciplinarité en Tanzanie

Le rift Est-africain est une cible privilégiée en géosciences pour étudier les processus impliqués dans la rupture de la lithosphère continentale. Géosciences Montpellier s’y intéresse d’ailleurs depuis bien longtemps, grâce à des outils pétrophysiques, géochimiques, ou géophysiques. Cette cicatrice majeure à la surface de la Terre a des impacts non négligeables sur la répartition et l’évolution des populations (humaines et animales) ainsi que sur la localisation et la gestion des ressources minérales.

Au nord de la Tanzanie, dans la partie la plus jeune du Rift (moins de 7 Ma), cette rupture de la lithosphère s’accompagne d’une sismicité et d’un volcanisme actif qui exposent la population locale à des aléas naturels importants.

Légende photo : Escarpement de Manyara (vue vers le SE) dans la divergence nord Tanzanienne


Le projet HATARI (HAzard in TAnzanian Rift) 1, porté par Stéphanie Gautier, Fleurice Parat et Christel Tibéri de Géosciences Montpellier, a pour objectif d’étudier quels sont les impacts de ces processus géodynamiques sur l’évolution des socio-écosystèmes.

Pour ce projet, une équipe interdisciplinaire composée de géophysiciens et pétro-géochimistes bien sûr, mais aussi de géographes, de didacticiens et d’écologues a été constituée afin de réunir l’ensemble des informations nécessaires pour répondre à cette problématique inter-disciplinaire. Neuf chercheurs 2 impliqués dans le projet sont partis récolter des données autour des volcans Lengai et Meru lors d’une mission commune en février dernier.

Au cours de cette mission, huit stations sismologiques ont été installées pour caractériser l’activité sismique du volcan Meru au pied duquel se développe la ville d’Arusha (deux fois la population de Montpellier…) et dont la dernière éruption date de 1877. Les scientifiques ont également échantillonné plus de 100 kg de roches volcaniques, établi des cartes de vulnérabilités et enjeux (bâtis, infrastructures,…) présents dans la région et récupéré les 1200 questionnaires distribués dans les écoles en novembre pour la partie didactique. Ils ont pu également renforcer leurs collaborations avec les instituts académiques et associations locales et obtenir les premiers schémas de modèles systémiques qu’ils utiliseront pour évaluer les interactions entre les différents paramètres présents dans le socio-écosystème. Localisation de la sismicité entre 2013 et 2014 (points rouges à jaunes) et des deux zones cibles du projet. Les 8 stations sismologiques installées en février sont indiquées par les triangles bleus.

La mission a donc rempli tous ses objectifs, qu’ils soient individuels ou collectifs, avec, en plus, l’occasion de profiter d’écosystèmes magnifiques, allant de la savane très aride aux forêts sub-sahariennes !


Légende photo : devant la caldera principale du Ngorongoro (28 km de diamètre)

Dès à présent, grâce à ces données, il sera possible de mieux caractériser les systèmes tectono-volcaniques de la région, d’étudier l’influence du milieu et du mode de vie des élèves de primaire et secondaire de ces deux zones sur leur compréhension des processus géologiques, de quantifier et de cartographier les risques majeurs pour les populations locales,et d’établir des modèles systémiques pour évaluer les interactions entre géodynamique, populations humaines et animales, agriculture et ressources minérales.


1 Le projet HATARI est un projet collaboratif porté par Géosciences Montpellier et impliquant les Universités de Montpellier, Montpellier 3, Lyon, Brest, Dodoma, Dar Es Salaam, l’Institut des Ressources Minérales de Dodoma et le Nelson Mandela African Institution of Sciences and Technology. Il fait l’objet de plusieurs demandes de financement auprès du CNRS ("Osez l’interdisciplinarité") et de l’Université de Montpellier ("MUSE" et "Explore").

2 Les trois porteuses du projet accompagnées de S. Baudin, S. Defossez, C. Gaucherel, M. Gherardi, C. Hely-Alleaume, T. Rey