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Le cratère d’impact de Rochechouart, vu de l’intérieur…

En 2016, l’équipe Transferts en Milieux Poreux du laboratoire Géosciences Montpellier faisait l’acquisition des données d’imagerie et de géophysique en forage dans le cratère d’impact de Chicxulub (Yucatan, Mexique) dans le cadre du programme international IODP.
Compte tenu de la très bonne qualité des données acquises et de leur fort potentiel pour mieux comprendre les processus de cratérisation, l’équipe TMP a été sollicitée pour faire l’acquisition de mesures similaires dans un cratère plus ancien que celui de Chicxulub mais bien plus proche de chez nous : le cratère d’impact de Rochechouart.

Situé de part et d’autre de la limite entre les départements de la Charente et de la Haute-Vienne, entre Limoges et Angoulême, ce cratère, d’environ 20 km de diamètre, résulte de la chute, il y a 207 Millions d’années, un peu avant la limite Trias/Jurassique, d’un astéroïde d’à peu près 1,5 km de diamètre. Depuis sa formation, la structure d’impact a été partiellement érodée et n’est plus visible dans le paysage. Sa partie centrale reste néanmoins en partie accessible en sub-surface, notamment sous la forme d’une séquence de remplissage comprenant brèches d’impact, suévites et roches fondues surmontant le substratum anté-impact (granites et gneiss varisques) fracturé. (cf photo : J. Paris devant un affleurement de brèches d’impact © B. Célérier).

Le cratère a récemment fait l’objet d’une série de forages carottés réalisés dans le cadre d’un projet en lien avec le Centre International de Recherche et de Restitution sur les Impacts et sur Rochechouart (CIRIR). Du 10 au 14 septembre dernier, quatre membres de l’équipe TMP (J. Paris, B. Célérier, G. Henry et L. Brun) accompagnés de P. Rochette (CEREGE) et P. Lambert (CIRIR), ont passé trois jours sur site afin de "logger" sept puits de 60 à 120 mètres de profondeur.

L’équipe sur place a bien travaillé (cf photo : acquisition de mesures dans le puits de Rochechouart © J. Paris) car un très grande nombre de paramètres caractérisant la formation du cratère ont été acquis : susceptibilité magnétique et résistivité électrique par induction ; résistivité électrique par injection de courant ; paramètres physico-chimiques du fluide en forage (température, pression, conductivité, pH, EH, redox) ; radioactivité naturelle (Gamma), spectrale (Potassium, Uranium, Thorium) ; vitesse des ondes acoustiques (ondes P et S) à partir d’enregistrements digitaux des trains d’onde à 10 kHz ; imagerie optique et acoustique de la paroi (haute résolution et orientée) et trajectométrie de puitsImages de paroi 2D et 3D acquises dans les brèches d’impact du cratère de Rochechouart

Une série de collaborations scientifiques sont d’ores et déjà envisagées entre TMP, le CEREGE, le GET de Toulouse et le CIRIR pour exploiter les données acquises. L’enjeu est d’instituer le site de Rochechouart comme un laboratoire naturel au bénéfice de la recherche nationale et internationale.
Si des collègues de GM sont intéressés, contactez Johanna Lofi !
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