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Artiste en résidence

"A votre avis, peut-on faire une ’lame mince’ de cristaux de sucre ?" ou bien "Est-il possible de concaténer du papier dans les "machines à subductions" de la salle de modélisation ?". Vous comprendrez mieux le sens de ces curieuses questions si je vous dis qu’elles émanent de David Suet, artiste-plasticien en résidence à l’université de Montpellier pour l’année universitaire 2018-2019. Vous l’avez peut-être entraperçu dans les locaux de Géosciences avec une "boîte à sable" sous le bras ou devant un ordinateur en salle imagerie tentant de générer une image d’herbes ondoyant dans le vent, issue d’un scan 3D.

David a fait des études d’art en France mais une année de césure à l’université du Québec à Montréal, dans la classe du célèbre plasticien-photographe Alain Paiement, a été déterminante pour lui puisque l’image deviendra un élément fondateur de son travail de création très lié à l’empreinte et à la trace. Actuellement, son art se nourrit d’un perpétuel va-et-vient entre l’objet et l’image. "Ce qui me motive profondément c’est le surgissement des formes : les lectures, les rencontres, les pensées qui alimentent ma démarche finissent par se matérialiser dans une forme qui vient en quelque sorte leur donner sens. Cela tisse peu à peu non pas un savoir, mais une expérience du monde qui est sans prix." nous confie-t-il.

Parce que l’université est un lieu public de production des savoirs riche de son histoire et que la notion de production et, au-delà, celle de consommation, est centrale dans la pratique de David, ce fût une évidence pour lui de candidater à l’appel à projet de l’université avec comme secrète ambition de découvrir si "la recherche scientifique, au-delà de la créativité qu’elle invoque naturellement, pourrait s’inspirer des visions transversales des artistes, à l’image d’un Roger Caillois et de ses sciences diagonales…" rêve-t-il tout haut, tout en continuant à s’interroger sur les usages des produits de ces deux formes de recherche.
Mais, plus particulièrement, qu’est-ce qui a amené David à GM ? Peut-être les mêmes raisons qui l’ont motivées à choisir le domaine départemental des Boissets, sur le Causse Sauveterre où il est en train d’implanter, avec d’autres artistes, un lieu de création et de diffusion de l’art contemporain au milieu de 3 000 hectares façonnés par les évènements géologiques qui surplombent le splendide panorama des Gorges-du-Tarn. "Le site est grandiose, les rapports au silence, aux vents, à la solitude aussi en font un lieu de création et de diffusion tout à fait particulier, propice à l’introspection et à l’écriture. Tout a été bâti avec le matériau calcaire d’un milieu aride : on est presque dans le négatif de l’architecture d’un centre d’art contemporain" nous explique-t-il. Mais ce qui est sûr c’est qu’au cours de ses rencontres avec les scientifiques de Géosciences, il a expérimenté avec avidité des idées et des outils de création, prompts à faire avancer son travail et, en retour, nous avons adoré redécouvrir le laboratoire à travers le prisme de sa vision de créateur.

En attendant de découvrir son œuvre de clôture de résidence qui a pour thématique "Nourrir", nous laisserons le mot de la fin à David Suet, qui au terme de sa période de prospection déclarait : "Les outils scientifiques contemporains sont chaque fois d’un tel niveau de sophistication que chaque visite d’un labo est un étonnement qui frôle la sidération. Mais ce qui m’a surpris dans plusieurs laboratoires, c’est le côté ’bricolage empirique’ qui accompagne les équipements et les résultats les plus pointus, c’est juste... charmant et rassurant."


Le bulletin du laboratoire Géosciences Montpellier n°16 - janvier/février 2019